JDR : Village Witch
Ma chère Suzanne,
Dehors il y a une tornade. Je reste à la maison. Ce n’est pas rassurant d’entendre le vent souffler autant.
Elle a été prévue par les météorologues alors nous avons eu le temps de nous préparer. Beaucoup de choses ont été attachées. Les animaux ont dû être mis à l’abri dans des bâtiments en dur.
J’ai regardé par la fenêtre en me levant ce matin et le vent soufflait déjà très fort. Les arbres se balancent dans tous les sens. Je n’aime pas plus que ça la ville mais pour aujourd’hui j’aimerais être plus proche de voisin pour que l’on puisse veiller aussi un peu sur moi, au cas où quelque chose arrive à la maison.
Avec tout ce bruit, je n’arrive pas à me concentrer sur quoi que ce soit. Même cette lettre est écrite en dent de scie entre mes aller-retours à la fenêtre pour aller voir si rien n’est cassé dehors ou encore remettre la protection devant la cheminée quand elle commence à bouger.
Avec ces courants d’air, impossible de faire un feu pour se réchauffer. Alors j’ai mis deux pulls et ma cape d’hiver. Je me sens très lourde dans cet accoutrement mais au moins je n’ai pas froid.
Ça me rappelle un peu les cours dans les salles au sous sol en hiver. Où nous gardions autant que possible nos blousons et nos gants. Mais là nous n’étions pas seules et un bâtiment solide s’élevait au-dessus de nos têtes.
Je me sens impuissante face à la puissance de la nature. Je suis une toute petite chose fragile et insignifiante.
Suzanne,
Je reprends ma lettre quelques jours plus tard. J’ai passé le reste de la journée à vérifier l’évolution de la tempête.
Rien de grave n’est arrivé au cottage. Ni au jardin. Les arbres ont été très secoués, il y avait des branches cassées partout. La tornade est passée dans un champ entre la ville et le cottage. La récolte est complètement fichue. On dirait qu’un énorme bulldozer est passé par là. Mis à part quelques antennes arrachées, rien de plus grave n’a été à signaler à Mausir.
Je finissais ma consultation avec la libraire, juste avant l’ouverture, quand elle s’est souvenue que les couvreurs venus inspecter le toit arrivaient. Elle m’a demandé d’ouvrir la librairie à sa place. Je n’ai pas réussi à refuser même si j’avais très peur de ne pas y arriver. Je ne me suis jamais imaginé tenir un commerce.
Je me suis trouvée très maladroite et malhabile pour ouvrir le rideau et sortir la pancarte dehors. J’ai fait un tour pour vérifier que tout était à sa place (autant que je puisse en juger). Puis les premiers clients sont arrivés. J’ai dû expliquer plusieurs fois où était la propriétaire. J’ai préféré noter sur une page les livres vendus et les montants. Je n’avais aucune idée de comment fonctionnait sa machine. Finalement l’heure est passée, et la libraire est revenue. Elle était contente de mon travail. Elle a profité de devoir enregistrer les ventes dans sa machine pour m’en montrer le fonctionnement. Une fois que l’on connaît, ce n’est pas si difficile en fait. C’était étrange pour moi, de ne pas se déplacer chez les clients mais que ce soit eux qui viennent. Beaucoup de gens sont venu chercher leur prochain livre après avoir fini celui d’avant le jour de la tempête. Certains savaient ce qu’ils voulaient, d’autres avaient besoin d’aide. Je me suis quand même amusée du changement et nous avons travaillé ensemble toute la matinée. Elle m’a offert le déjeuner dans le café d’à côté en échange de mon travail. C’était bon.
Je suis rentrée chez moi un peu étourdi par toutes ces nouveautés inattendues. Ça restera un de mes bons souvenirs dans cette ville.
Est-ce que tu as fait quelque chose de nouveau et complètement inattendu depuis ton arrivée à Sarlun ? Est-ce que la tempête n’a pas causé de dommage là bas non plus ?
J’espère que tu te porte bien.
Ton amie, A. 🐦⬛